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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Je sais que plusieurs de mes vieilles amies sont parties vers un monde meilleur. Mais je rendrais une petite visite à leur dernière demeure après ma rencontre avec l’abbé Forges.

    Je suis tout à fait d’accord avec vous. Je vais volontiers m’accorder un peu de repos, car je me sens courbatue. Je tenais à vous rappeler, chère Isabelle, qu’un de ces jours, il nous faudra faire une petite visite à Aïgue-blanche. D’après ce que dit Dominique, nous n’y trouverons pas Ludivine. Il semblerait donc qu’elle ne s’entende pas avec son mari ?

    La gaîté remarquée dans les yeux mordorés d’Isabelle, s’était évanouit. Ses lèvres si finement ourlées, d’un rose délicat, eurent un pli d’ironie en ajoutant :

    Probablement pas. Il eu fallu une certaine dose d’aveuglement pour penser que Ludivine puisse vivre toute l’année à Aïgue-blanche ! Les hommes intelligents, eux-mêmes, comme William, peuvent-ils donc avoir aussi peu de discernement que des imbéciles pour se dire qu’avec elle, cela aurait pu être possible de penser qu’elle accepterait de vivre à la campagne toute l’année sans trouver à y redire ?

    Quand ils aiment, peut-être ?

    Quand ils aiment ?!

    La jeune comtesse eut un léger haussement d’épaules en murmurant avec une ironie à peine dissimulée :

    Et elle… l’aime t-elle vraiment ?

    Mais c’est ce que je me demande très précisément ? Comment un homme tel que William a pu aimer une Ludivine si peu faite pour lui ? Cette idée me taraude…

     

    Ce fut par le petit sentier, au bas du flanc rocheux qui supportait Monteuroux, qu’Isabelle, au début de l’après-midi, s’en alla vers le village. Le soleil un peu voilé de la matinée s’était éclipsé, caché par un écran de nuages noirs, prometteurs de pluie. La rivière grondait, grossie par la première fonte continue des neiges. Passé le pont, Isabelle croisa un paysan, des femmes qui lui souhaitèrent joyeusement le bonjour. Elle entra chez Émilie Granchette, l’ancienne femme de chambre de sa mère qu’elle trouva dans son fauteuil où la retenaient de vilains rhumatismes. Ce furent des exclamations de joie et des compliments :

    Que Mademoiselle a donc embelli ! C’est un plaisir de la regarder ! Aurons-nous le bonheur de vous voir un jour fiancée, puis mariée ? Ajouta la bonne Émilie.

    Oh ! Quelle idée vous avez là, ma chère Émilie ! Fit Isabelle avec un rire très léger et charmeur. Non, certes, je ne songe nullement au mariage, mais uniquement être indépendanteJe ne veux être l’obligé d’aucun mari. Je sais très bien ce que l'on me réserve au château...

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