• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -102 -

    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-La jeune fille suivait en supplément des enseignements obligatoires, les cours qu’elle avait choisit, principalement le dessin, et des courts de violon. Le collège était très proche du domaine de Verte-court. Alice fit accepter très vite sa cousine par les élèves, ce qui avait grandement facilité les choses. Isabelle en avait été une des meilleurs élèves, un peu fantaisiste parfois, mais d’une vive intelligence et d’un esprit réfléchi. Un an après son arrivée, il ne restait rien, en apparence, de la jeune fille un peu sauvage, dédaigneuse des usages et de l’élégance, dont Sir de Montégu disait avec, dans ses yeux gris, une lueur amusée :

    — C’est une jeune pouliche un peu rétive, cette enfant, mais il faut savoir l’apprivoiser...

    Aujourd’hui, elle était une jeune femme parfaite d’amabilité, de raffinement et d’élégance.

    En revenant à Monteuroux, toute l’atmosphère malsaine d’autrefois la reprenait, l’enveloppait. Elle se mettait souvent à sa fenêtre et respirait longuement cet air natal tant aimé, pur et vivifiant, froid comme cette matinée de mai, car la neige subsistait encore par endroit sur les hauteurs des collines à demi perdus dans la brume lointaine. Elle repensait à tout ceux qui l’aimaient et qui avaient eu de la peine à la voir partir. En vérité, ils n’étaient guère nombreux…

    Elle décida que sa visite commencerait par l’abbé Forges avec lequel, malgré la façon dont elle l’avait quitté six ans plus tôt, Isabelle était toujours restée en contact pendant son long séjour, loin de tout ce qui l’agaçait. L’abbé avait continué de la diriger avec prudence par de longues lettres qui savaient apaiser ce caractère rebelle et entier. Le tact qui s’unissait, chez lui à la fermeté, alliée à une grande sûreté de doctrine, avait beaucoup aidé la jeune comtesse de Rubens. A part les événements importants, il lui donnait peu de nouvelles du pays, jugeant qu’il était encore trop tôt. C’était par son père à qui elle écrivait pour chaque nouvel an, qu’elle avait appris, deux ans auparavant, la naissance du petit Thierry, le fils de William et de Ludivine.

    Une porte fut ouverte derrière elle. La voix d’Adélaïde s’éleva :

    — Comment, Isabelle, vous avez encore votre manteau et votre chapeau ? J’ai déjà défait mes valises et tout rangé ! Dit-elle, amusée.

    Isabelle se détourna de la fenêtre. La fraîcheur, la lumière du mois de mai semblait se refléter dans ses yeux. Elle dit gaiement :

    — Ma bonne Adélie, ne m’en veuillez pas, mais j’étais si distraite par ce magnifique paysage, que j’en ai oublié de défaire mes bagages. C’est un tel bonheur de revoir mon cher Monteuroux tel que nous l’avons quitté ! Et puis, après-tout, rien ne presse : d’ailleurs le reste de nos bagages n’arriveront que demain. A la réflexion, j’irai cet après-midi voire Mr le curé, puisque je n’ai rien à faire d’autre ici. Pendant ce temps, vous aurez tout le loisir de vous reposer ma chère bonne amie. J’ai besoin de reprendre contact avec le village, ses villageois, et la vallée.

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