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    Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -34-

    Il est vrai qu'il ne doit plus être très frais, parce qu'il se fait vieux. Il n'était déjà pas très jeune lorsque nous sommes partie pour verte-court, mais puisque Dominique ne nous a rien dit à son sujet, c'est qu'il est toujours à son poste. Nous verrons bien...

    Il est vrai qu'il ne doit plus être très frais, parce qu'il se fait vieux. Il n'était déjà pas très jeune lorsque nous sommes partie pour verte-court, mais puisque Dominique ne nous a rien dit à son sujet, c'est qu'il est toujours à son poste. Nous verrons bien...

    Les deux femmes gagnèrent la vieille tour par la galerie aux bustes de marbre, et se retrouvèrent dans leur chambre si longtemps délaisséeIsabelle posa ses valises après avoir déposé les bagages de sa marraine dans sa propre chambre. Elle avait hâte d’ouvrir la fenêtre pour y respirer à plein poumons, l’air de ses chères vallées et collines.

    Accoudée à la fenêtre, elle embrassa d’un regard avide le spectacle d’une campagne n’ayant guère changée. Elle entendit le ronflement des ruisseaux dont l’eau, à cet époque de l’année, étaient à son maximum. Le clocher de la petite église bien assise sur son promontoire, était toujours aussi visible qu’à son départ pour l’Angleterre et tout était très verdoyant. La fraîcheur du printemps l’apaisaitElle était, de nouveau, chez elle, dans son cher Monteuroux.

    Les appartements de la tour, délaissés depuis six longues années, étaient demeurés tels qu’autrefois. Après être restée un bon moment à rêvasser devant ce magnifique tableau, Isabelle retrouva ses vieux meubles quelque peu vermoulus, et les sièges aux coussins usés. Son cœur se gonflait d’allégresse, car si heureuse qu’elle eut été en Angleterre, elle avait toujours éprouvé la sensation d’un exil, et secrètement, elle aspirait à se retrouver, en ce jour bénit, où elle reverrait Monteuroux. Isabelle n’y était jamais revenue pendant ces six années. A son oncle qui lui proposait d’y passer une partie de ses vacances, elle répondait toujours :

    — Non, mon oncle, c’est très aimable de votre part, mais ce serait pour si peu de tempsque j’aurais du mal à le quitter encore.

    Lors de son séjour aupré de son oncle, elle s’appliquait à ne pas trop penser à ce qu’elle pourrait découvrir de changer au château. Tant qu’elle n’aurait pas atteint sa majorité, afin de revenir en force pour affronter les démons qui se trouvaient en ces lieux, elle ne serait pas tranquille. Elle écartait du mieux qu’elle pouvait les souvenirs que cachait cet endroit si chers à son cœur, mais qui, malgré tout, était trop dangereux pour elle dans l’état actuel des choses. Isabelle préférait laisser passer le temps où elle devait demeurer dans le pays de sa mère, dans la tranquillité, et ne pas retourner là-bas pour des raisons bien précises…

    L’existence à Verte-court, avait d’ailleurs été douce pour elle. En Sir de Montégu, elle avait trouvé un parent d’un abord un peu froid, certes, mais, comme l’avait décrit Adélaïde, d’une bonté, d’un caractère droit, généreux et sûr. Sa fille Alice et son fils Renaud, s’étaient montrés accueillants pour leur jeune cousine étrangère dès les premiers instants. Entourée de bienveillance, Isabelle avait rapidement appris la langue, et s’était accoutumée à cette vie nouvelle.

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