• Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -10-

     Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -11-

    Elle leva la tête, et deux yeux clairs et mélancoliques où la bonté se reflétait sans effort, enveloppèrent Isabelle d'un regard interrogateur.

    — D'où venez-vous encore jeune demoiselle ?

    — Mais du salon.

    — Du salon ? Et qu'y faisiez-vous donc, Seigneur ? Si madame la comtesse vous avait vu...

    — Elle m'a vu. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'y étais.

    Adélaïde soupira et son regard posé sur Isabelle, laissa entrevoir un reproche mêlé d’une tendre d'inquiétude.

    — Vous tenez tant que cela à la braver, et en plus, dans cet accoutrement ?

    — C’est à père de se soucier de mon apparence ; mais il n’en a que faire, et ce, depuis longtemps ! Je me dois de lui montrer que je suis de son sang en l’obligeant à me regarder telle que, par sa faute, je suis attifée comme dit ma belle-mère, depuis qu’il me laisse à mon sort… je tiens à lui faire honte intérieurementmême s’il ne le montre pas.

    Ma pauvre enfant, mais que gagnerez-vous à ce petit jeu ? Peut-être seulement d'être envoyée dans quelque pensionnat de jeunes filles sans fortune et loin d'ici pour terminer votre éducation. Il en a déjà été plusieurs fois question par le passé ? 

    — Envoyée loin d'ici ? De mon cher Monteuroux ?

    La voix d'Isabelle vibrait de colère.

    — Elle ne peut me renvoyer de Monteuroux sans l’accord de mon père ! Je suis chez moi et je suis une aussi comtesse de sang ! Tant que je ne suis pas mariée à un homme de ma condition, elle ne se débarrassera pas de moi, et de plus, je n’ai pas l’âge requis pour me marier ! Je suis chez moi !

    — Chez votre père, Isabelle. Chez votre père…

    — C'est la même chose !

    — Non, ce n'est pas exactement la même chose mon enfant, hélas !

    Isabelle dit âprement :

    — Oui, à cause d'elle. Mais Monteuroux sera à moi, plus tard.

    — Si Dieu le veut ma chère petite… si Dieu le veut…

    — Et pourquoi ne le voudrait-il pas ? Je veux sauver Monteuroux !

    — Sans doute, ma chère petite… sans doute…

    Vous êtes en droit de revendiquer votre appartenance filiale aux de Rubens comme vous l’avez déjà fais devant la d’Argenson ; Mais en attendant, c'est Mr de Rubens qui est le maître de ce domaine, si l’on peut dire, car sous l’influence de cette femme, s'il décide que vous partiez…

    — S'il décide ?

    Isabelle eut un rire bref, chargé d'une colère à peine masquée.

    — Mais moi, je ne lui obéirai pas, pas plus qu’à cette Édith de malheur !

    Adélie la gronda gentiment :

    — Cela ne pourra se passer tel que vous le souhaitez. Vous êtes trop jeune pour gouverner votre vie telle que vous l’entendez. Vous êtes sous l’autorité de votre père, que vous le vouliez… ou non, et vous ne pouvez rien y changer jusqu’à votre majorité. Je pense, ma chère enfant, que vous vous cabrez pour rien. Il faudrait vous contrôler, même si cela est dur pour vous ! Heureusement que vos propos ne sortiront pas de cette pièce, ce qui vous amènerait encore des ennuis !

    Isabelle s'avança doucement vers sa vielle amie sachant qu'elle ne la laisserait jamais seule : elle aimait sa chère Adélie. Avec mille précautions pour ne pas la heurter et lui faire mal, elle se laissa choir lentement à ses pieds et posa sa jolie tête blonde sur ses genoux.

     10

    sceau copyright

    « Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -9-Le mystère de l'étang-aux-ormes. Page -11- »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :